Résidence à L’attrape-couleurs de novembre 2010 à avril 2011
Singes Savants, exposition d’Amélie Dubois, du 24 octobre au 25 novembre 2011, hors les murs au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse, en partenariat avec Grame, centre national de création musicale – en résonance avec la 11e Biennale d’Art Contemporain – Lyon
Pour l’année 2010, L’attrape-couleurs a souhaité touché un public scolaire qui auparavant ne venait pas aux expositions : les lycéens. En effet, des enfants de niveau maternelle, primaire et collège bénéficient régulièrement des visites proposées à L’attrape-couleurs mais ce n’était pas le cas pour les lycéens.
Après avoir contacté les trois lycées situés à proximité de L’attrape-couleurs (Martin Luther King [ex-La Sauvagère], Jean Perrin et Ombrosa) et appuyé par l’avis de Monsieur Abel Gago, adjoint délégué à la Culture dans le 9ème arrondissement, notre avons souhaité axer ce projet vers le lycée Martin Luther King pour deux raisons : sa proximité (cinq minutes à pieds) et son enseignement pédagogique (lycée professionnel).
Inspiré par les recherches de Burroughs et Gysin sur la fragmentation et l’éclatement du texte (cut-up), ainsi que par les conceptions Oulipiennes et Oupeinpiennes sur la transformation du texte et de l’image, ce Workshop combine expérimentations assistées par ordinateur (logiciels de morphing, de cut-up, de traduction automatiques…) et réalisation manuelles (collage, photomontage, ateliers d’écritures…)
Accès sur la manipulation de titres, d’articles et d’images issus d’un quotidien, il a pour objectif d’offrir une série d’expériences aboutissant à la réalisation d’un journal de quelques pages.
En parallèle à ces interventions, Amélie Dubois a travaillé pendant sa résidence à l’élaboration de deux pièces, Machines à composer des livres et (pré)texte à voir/lire. L’objectif de ce projet est d’offrir un environnement permettant de simuler et d’analyser un processus génératif de textes.
Inspiré par les recherches de Burrought et Gysin sur la fragmentation et l’éclatement du texte ainsi que par les conceptions Oulipiennes sur la littérature transformationnelle, ce dispositif propose une création collective et composite de textes.
Quatre micros directionnels enregistrent le bruit ambiant, analysé par un programme informatique, il est transcrit en texte, et directement imprimé.
Chaque page représente une topographie de l' »espace conversatif ». Toutes les pages sont uniques et “originales”. Si elles ne sont pas conservées, elles ne seront plus jamais générées par le dispositif et disparaîtront à tout jamais.
Les textes sont « chaotiques » et ne visent pas une lecture « standard », mais plutôt un effet de spectacle. Ils se déploient dans l’espace, le temps, l’interaction et le mouvement.
Ainsi, l’interactivité est une composante essentielle de ce dispositif. Tout en participant à une œuvre commune, chaque spectateur est spectateur d’une œuvre unique en perpétuel mouvement où texte se reconfigure sans cesse.
Par suite de jeux combinatoires, le résultat est imprévisible.
Cette hypothèse recoupe la notion de l’Œuvre ouverte popularisée par Umberto Eco en 1963.
Ces pièces ont été présentées lors de l’exposition « Singes savants » du 03 au 25 novembre 2011 au CNSMD de LYON.
L’attrape-couleurs a accueilli durant six mois (novembre 2010 à avril 2011) Amélie Dubois pour une résidence d’artiste. En parallèle aux interventions hebdomadaires au sein d’une classe du lycée professionnel voisin Martin Luther King, l’artiste a travaillé à la réalisation et à la production de l’installation (pré)texte à voir/lire.
L’installation (pré)texte à voir/lire offre un environnement permettant de simuler et d’analyser un processus génératif de textes. Inspiré par les recherches de Burrought et Gysin sur la fragmentation et l’éclatement du texte ainsi que par les conceptions Oulipiennes sur la littérature transformationnelle, ce dispositif propose une création collective et composite de textes. Quatre micros enregistrent le bruit ambiant qui est retransmis de façon différée et aléatoire, d’autre part, un programme informatique transcrit et imprime des textes. Chaque page représente une topographie de l’ « espace conversatif”. Les textes sont “chaotiques” et ne visent pas une lecture “standard”. Ils se déploient dans l’espace, le temps, l’interaction et le mouvement. Tout en participant à une œuvre commune, chaque spectateur est spectateur d’une œuvre unique en perpétuel mouvement où son et texte se reconfigurent sans cesse. Par suite de jeux combinatoires, le résultat est imprévisible.
« Le langage et ses systèmes de représentation sont au cœur de la réflexion qu’engage le travail d’Amélie Dubois: transposition, traduction et transcription y participent d’une façon ludique et subversive, à révéler les limites de cette grille de sens souvent close, toujours conventionnelle, à partir de laquelle nous lisons monde…et les choses. Ainsi, lorsqu’elle subvertit l’objet-texte en en déplaçant la lecture sur une partition musicale ou bien lorsqu’elle en efface à dessein les caractères pour ne garder sur la page qu’une constellation de ponctuation, ce n’est pas l’inextricable déflagration du sens mais les contraintes inhérentes à son expression par la notation qui attise chez l’artiste, fortement influencée par l’Oulipo et l’art conceptuel, le fantasme d’une littérature autogène, aux ressorts aléatoires. Le projet singe savant s’inscrit dans la lignée d’un tel fantasme: ici en outre il rejoint celui de l’automate littéraire, figure métaphorique qui traverse la culture savante et populaire égrenant discrètement le soupçon: et si la littérature n’était qu’une machine à la logique froide et insondable, n’en serions-nous pas, sans le savoir, les acteurs mécaniques ? »
Nadia Barrientos
