
Raphaëlle Detheve capture un bonheur viral qui s’abîme avant même d’exister.
Pour ce faire, elle glane sur les réseaux sociaux les diktats lifestyle dont elle est la cible.
Chaque attitude, contaminée par les trends et les hashtags, rejoue un bien-être obsolète.
Les postures synchronisées, les paysages carte postale et les mantras insipides
alimentent sa collection. À cela s’ajoutent ses propres clichés : des vues hors-champ, à
rebours d’un idéal calibré. En soulignant le comique involontaire de ces situations, elle
raconte moins nos souvenirs heureux que les protocoles absurdes qui les scénarisent.
Que vaut l’authenticité lorsqu’elle s’anticipe déjà comme preuve ? À travers
l’accumulation, ses installations tentent de redéfinir les critères de la spontanéité. Sur
les photographies fatiguées par leur propre diffusion, les formes floues se dérobent au
regard. Leur transfert fait bugger les surfaces et le culte du moi perd son centre. Des
débris de smartphones complètent ces paysages défaillants. Ainsi détourne-t-elle les
mirages joyeux qui aliènent nos corps et génèrent, dans leur sillage, des images
fantômes.
Pour ce faire, elle glane sur les réseaux sociaux les diktats lifestyle dont elle est la cible.
Chaque attitude, contaminée par les trends et les hashtags, rejoue un bien-être obsolète.
Les postures synchronisées, les paysages carte postale et les mantras insipides
alimentent sa collection. À cela s’ajoutent ses propres clichés : des vues hors-champ, à
rebours d’un idéal calibré. En soulignant le comique involontaire de ces situations, elle
raconte moins nos souvenirs heureux que les protocoles absurdes qui les scénarisent.
Que vaut l’authenticité lorsqu’elle s’anticipe déjà comme preuve ? À travers
l’accumulation, ses installations tentent de redéfinir les critères de la spontanéité. Sur
les photographies fatiguées par leur propre diffusion, les formes floues se dérobent au
regard. Leur transfert fait bugger les surfaces et le culte du moi perd son centre. Des
débris de smartphones complètent ces paysages défaillants. Ainsi détourne-t-elle les
mirages joyeux qui aliènent nos corps et génèrent, dans leur sillage, des images
fantômes.
– Alexia Abed, AICA, C-E-A, 2025