À parts égales, exposition du 24 janvier au 31 mars 2001
Une exposition collective de Clément Montolio, Niek van de Steeg, Isabelle Thé, Vincent Friotet, Jean Pierre Morand, Frédérique Fleury
À parts égales
Ou l’exposition inconvenante…
«Il y a trois ans, lorsque j’ai proposé à une dizaine d’entre nous de se rencontrer afin de réfléchir à un événement pour le passage à l’an deux mille, j’étais loin d’imaginer que cette proposition nous occuperait encore aujourd’hui. Je remercie donc ici les amis qui ont “tenu le coup” et je regrette, ceux qui ont préféré se retirer du jeu. Nos discussions nous ont très vite appris que l’an 2000, proclamé alors comme un événement mondial important, serait en fin de compte un non-événement. Je me rappelle avoir été déçu, mais à posteriori l’analyse était bonne, le cœur n’y était pas ; le foot d’ailleurs a fait beaucoup mieux depuis… Nous avons donc différé d’un an notre projet et finalement c’est la forme de l’exposition que nous avons retenue. Au cours de nos discussions, le principe des “cadavres exquis” expérimentés par les surréalistes, nous a semblé intéressant, puisqu’il lie des éléments qui n’ont à priori, rien à faire les uns avec les autres. N’est-ce pas là précisément notre situation ? Nous qui sommes des artistes, qui à priori n’ont rien à voir les uns avec les autres… Aussi paradoxal que cela puisse paraître, toute l’ambition du projet, se situe là ; lier dans une exposition, des travaux aussi différents que : ceux de Clément Montolio, soucieux de peinture et de son histoire, aux préoccupations sociales et polémiques de Niek van de Steeg ; mais aussi les portraits néo-classiques d’Isabelle Thé, à la lucidité acide et poétique des travaux de Vincent Friot et Jean Pierre Morand(dépressionnisme-abstrait ®), ou bien encore, l’abstraction spontanée de Frédérique Fleury, à la démarche introspective et concernée de mon travail.
Je ne pense trahir personne, en affirmant ici, que cette expérience, est à voir comme un hymne à la tolérance, et se veut un signe d’ouverture à l’orée du nouveau millénaire, que l’on souhaiterait meilleur. Continuer de se frotter aux vivants, aux différences, au réel, en ce moment du monde si problématique, ne nous est pas apparu comme quelque chose de complètement saugrenu et inutile.
À l’heure où j’écris ces lignes, l’exposition n’est pas encore montée et le suspens demeure. Le public découvrira en même temps que nous cette exposition “contre nature”. Si rien n’est jamais gagné à l’avance, les expériences comportant toujours un certain nombre de risques, gageons cependant, que cette exposition saura trouver un public, prêt à partager avec nous ses risques à parts égales.»
Danier Tillier, décembre 2000
