À crédit et en multiplex, exposition de Gaëlle Rétière et Elise Sorin, du 5 novembre au 17 décembre 2011
en résonance avec la 11e Biennale d’Art Contemporain – Lyon
Se débattre avec les éléments extérieurs qui nous parviennent : confidences, rumeurs, informations, enseignements ou instructions. Recourir à des tentatives de re-formulations, de ré-interprétations de «données» reçues de part et d’autre,
Avancer ou pas ? Comment se situer ? Comment émettre une opinion ?
Utiliser les armes propres à la pensée commune, répondre à ces questions par la mesure, la logique ou la connaissance.
Diplômées de l’Ecole Supérieure d’Art de Brest depuis 2009 et 2008, nous développons deux pratiques artistiques individuelles qui dialoguent et se rejoignent régulièrement dans des projets communs. Notre démarche en duo, qui permet la mutualisation des recherches et compétences de chacune, prend de ce fait différentes formes : texte, volume, installations sonores, interactives ou video.
Une pratique pluridisciplinaire usant des nouvelles technologies, où l’interaction avec le visiteur est sans cesse questionnée. Une démarche qui explore l’espace public et social, en lien avec le territoire dans lequel nous évoluons ou produisons ainsi qu’avec les lieux où notre travail est exposé.
Ainsi, l’exposition À crédit et en multiplex est une proposition qui se développe à L’attrape-couleurs, mais sollicite aussi divers lieux du 9ème arrondissement de Lyon. Une installation multimédia, interactive par la mobilisation des différents lieux partenaires ainsi que par la nécessité de l’œuvre à être vue ou non par un public pour fonctionner.
À crédit et en multiplex est composée de deux installations distinctes, mais qui interagissent entre elles :
Que ne sais-je et After.
Que ne sais-je prend la forme d’un graphique, un système économique, une machine servant à redistribuer un budget fictif aux lieux culturels du quartier dans lequel se situe le lieu d’exposition, en temps réel et proportionnellement à leur fréquentation. Il s’agit de proposer un outil, une solution absurde et impuissante, qui se met au service d’une tendance actuelle : la libéralisation de la culture, une obligation de résultat, de rentabilité et de performance économique.
Dans cette pièce, un flux constant de données, prises et traitées uniquement pour ce qu’elles sont, sans être temporalisées, organisées, réfléchies ou remises en cause. L’information continue comme une «réduction de l’incertitude».
La seconde pièce, After, qui interagit avec le graphique, est une installation visuelle et sonore. Une pièce qui évoque le doute, les questionnements de l’artiste concernant la légitimité de son travail face à l’histoire de l’art, mais également face à la société dans laquelle il évolue, face au public et à la réception de sa démarche.
Nées en 1983 et 1985, Brest et Lorient, Gaëlle Rétière et Elise Sorin ont chacune une pratique individuelle mais se retrouvent depuis quelques années autour de projets communs. Diplômées toutes les deux d’un DNSEP à l’Ecole Supérieure d’Art de Brest, elles axent leurs pratiques artistiques sur la représentation d’un panel de points de vue multiples d’une actualité. En analysant les codes et les réactions de modèles connus de notre société, elles proposent une pratique prenant différentes formes (textes, installations, machines interactives…).