Elodie Tranchant
Elodie Tranchant est en résidence à L'attrape-couleurs du 27 octobre 2025 au 24 janvier 2026. La restitution de sa résidence aura lieu le 23 janvier de 14h à 18h.
Élodie Tranchant est né·e en 1999 à Saint-Étienne, habite et travaille à Lyon.
Sa pratique protéiforme se développe entre la performance, l’écriture, la musique, la sculpture, l’installation et l’édition. IElle entremêle souvent ces médiums pour mettre en forme des questionnements politiques, sociaux, écologiques ou encore féministes.
Ses performances mettent en scène et en voix des groupes de personnes, des communautés matriarcales, queers, autonomes, qui se rassemblent et se reconstruisent ensemble grâce aux affects dans des contextes souvent apocalyptiques (effondrements climatiques, sociétaux, disparition). Élodie essaye dans ces thématiques souvent angoissantes, pessimistes et nihilistes de proposer des modes d’action collectifs, qui permettent de surmonter les difficultés des contextes narratifs qu’ielle déploie, notamment via des formes de rituel.
Ses installations et sculptures, elles, relient les objets à une corporalité, à un aspect viscéral propre aux êtres-vivants. Souvent, elles s’ancrent dans l’espace domestique via le choix des objets, qui ont un rapport avec le corps, l’intime, dans leur utilité première ou secondaire (matelas, couette, miroir, cadres, chauffe-eau…). Récemment ielle développe des formes sculpturales liées aux légendes et histoires peuplant les lieux qu’ielle rencontre.
IElle s’inspire de symboles et références liés aux genres de l’horreur et d’anticipation post-apocalyptique, tantôt à la religion chrétienne, aux esthétiques médiévales, aux musiques dites extrêmes (doom, black metal) et encore au bondage. Le point commun de ces domaines est la façon dont les corps sont tiraillés et mis en scènes entre souffrance, désespoir et des sentiments comme le plaisir, l’espérance ou encore la rédemption, mais aussi par la présence ou par l’esthétique de personnages archétypés comme lae sorcièr·e, le diable, des sirènes, démons ou succubes.
Les objets d’Élodie se chargent alors d’un double statut, entre sculpture et objet performatif, que l’on retrouve aussi dans ces moments charnières que sont les rites, rituels et prestations scéniques.
Lors de sa résidence à L’attrape-couleurs, Élodie expérimente des formes pour une prochaine performance, De l’eau, de l’eau, de l’eau. Cette performance mêle texte, chant, sculpture et gestes rituels, dans une narration fictive apocalyptique.
« En France, dans un futur ravagé par la sécheresse, trois personnages veillent sur une piscine, réserve d’eau locale qui ne se remplit qu’une semaine par an, lors d’une pluie drue et cruciale, devenant un enjeu économique et social. » Cette performance interroge l’éco-anxiété et les inégalités sociales exa cerbées par l’effondrement climatique. Le texte, porté par plusieurs voix, propose une forme de rituel partagé qui traverse des questions de lutte des classes, de répartition des ressources, et de faire ensemble grâce aux affects dans un monde en mutation.
Les expérimentation d’Élodie se focalisent sur une scène « mémoire » de la performance, se jouant dans une chambre, on y voit deux personnages, Ondine et Ophélie discuter de leur amour naissant. L’esthétique de ce souvenir prend forme dans de la paraffine moulée, des éléments recouverts de plâtre et des bougies fondant, s’entremêlant à ou mimant des objets du quotidien.
