Résidence d’Emmanuelle Rosso

Publié le 13 septembre 2018 dans Actualités, Résidences

Résidence d’Emmanuelle Rosso, septembre-octobre 2018

 

« Nous sommes les noyés d’un rêve à venir

Dehors, il pleut, un chien aboie.
Nous nous sommes peut être faits mordre par le chien, à moins que le chien ce ne soit nous.

Cela commence ici, dans ce nulle part, ces ruines, cette chance.
Quelques éclats rôdent

Si tu mets un pistolet sur ta tempe, quelle est la seule image qu’il reste ?
Tout est vent et quelques plis
Ciels, peau, vent, oiseau, confettis, couleurs échouées, cerf volant, drapeau perdu

Déchire tous les rideaux en un cercle
Rallumer les brouillons
Des lendemains sans maquillage »

 

emmanuellerosso.1.AC.sept2018.web

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’une vie itinérante, Var, Bourgogne, Rhône-Alpes, Bretagne… Et actuellement à Belle île en mer, Emmanuelle Rosso fait naître des œuvres protéiformes (Peintures, dessins, photographies, films) qu’elle réunit dans la constellation du Blue Theater Project pour explorer la thématique des liens, de la perte et de la disparition.

L’acte de peindre est quotidien et prolifique. Emmanuelle Rosso peint comme on déterre une « boîte à souvenirs ». Elle tisse une tension entre l’esquisse et l’usure, entre les restes et leur théâtralité. Archéologue de l’absence, son univers fait émerger les restes d’un scénario disparu. Toute son œuvre est traversée en souterrain par cette question : comment habiter en dehors de chez soi ?
Emmanuelle Rosso crée des installations qui mettent au jour ces « quelques détails oubliés ». Elle travaille in-situ et investit le lieu d’exposition comme atelier, faisant ainsi entrer en scène le spectateur dans un post happening sacralisé et parfois désordonné.
Les matières naufragées, les brindilles, les cendres de ce qui fut, habitent son travail stroboscopique, comme des souvenirs ressurgissent à la mémoire. Toute la poésie gît là dans ces détails, ce qui reste donne à imaginer au spectateur ce qui était.

Ana Zaninsky, juin 2018