Lauréats résidences 2026

Suite à notre appel à candidatures pour les résidences 2026, nous remercions tous les candidats pour la qualité des dossiers reçus. Il a été difficile de choisir et notre comité artistique a élu les lauréats suivants :

Raphaelle Detheve
Léa Laforest
Matthieu De Malte
Chloé Malloggi

Merci à tous ! Un prochain appel a résidence sera bientôt publié pour les expositions 2027.

Restitution de résidence Anne Pénélope Dufresne Gervais samedi 29 mars

L’artiste québécoise Anne Pénélope Dufresne Gervais est en résidence à L’attrape-couleurs du 13 janvier au 31 mars 2025.
Des portes-ouvertes de son atelier auront lieu : le samedi 8 février et le samedi 22 mars.
La restitution de sa résidence aura lieu le samedi 29 mars de 14h à 18h. Les visiteurs sont invités à venir avec leur porte-bonheur fétiche afin que l’artiste en face un moulage.


Visuel grigris

Anne Pénélope Dufresne Gervais s’intéresse au caractère relationnel de l’acte de collectionner. C’est par le biais d’interactions, d’échanges et de rencontres que s’organise sa pratique performative de création. C’est en adoptant une posture d’écoute relationnelle que se façonne une méthode propre à ses recherches interdisciplinaires. À travers le dessin, la sculpture, l’installation et la performance, elle explore les espaces entre les affects, les objets, le corps et la nature. Par une approche sensible de la collection, elle évoque les thématiques du souvenir et de l’intime.

« Il y a quelques années, je me suis mise à fréquenter les BINGO, ces lieux emblématiques d’Amérique du Nord où l’on se réunit pour jouer à un jeu de hasard dans l’espoir de remporter des prix en argent. Au fil de mes visites, j’ai rencontré des joueur.euses qui accumulent les objets porte-bonheurs, en espérant influencer leur chance de gagner. Avant chaque partie, Iels disposaient soigneusement les différents objets sur leur table. Suite à ces rencontres, j’ai entrepris de calculer les probabilités de gagner au bingo en fonction des porte-bonheurs utilisés, puis de les inventorier selon leur fréquence de victoire et leur prétendue efficacité. À partir des données collectées et des histoires partagées, j’ai tenté de concevoir, en céramique, un objet porte-bonheur ultime ». De petites sculptures combinant différents éléments symboliques tels qu’un fer à cheval, une corne de licorne, une patte de lapin et une trompe d’éléphant ont ensuite été offertes aux participant.es du bingo. Dans le cadre de ma résidence à l’attrape-couleurs, j’aimerais poursuivre mes explorations autour de l’objet porte-bonheur. Toujours dans cette quête de concevoir un objet porte-bonheurs ultime, je souhaite rencontrer différentes personnes n’étant pas nécessairement issues du milieu institutionnel des arts et en apprendre un peu plus sur les superstitions, les croyances et les récits qui entourent les objets en France. » Anne Pénélope Dufresne Gervais

Anne Pénélope Dufresne Gervais a grandi en banlieue de Montréal dans les années 90. Elle passe son enfance à collectionner des pin’s à l’effigie des Backstreet Boys et à photographier les chats du voisinage avec un appareil photo jetable. Après de longues années d’études, elle obtient finalement un diplôme en Arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal, ainsi qu’un master en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Elle a vécu ces six dernières années à Chicoutimi, où elle trouvait une poésie particulière dans le fait d’amasser les cailloux et de dessiner les mouvements de la rivière Saguenay. Désormais installée à Lyon, elle aspire à se perfectionner en poterie tout en enrichissant sa nouvelle collection de fèves.

En savoir plus sur Anne Pénélope Dufresne Gervais

Répondre au questionnaire sur les porte-bonheurs et envoyer votre réponse à anne-penelope@hotmail.com

Plus que quelques jours pour découvrir l’expo Des lieux qui attendent, de Sébastien Schnyder

Exposition Des lieux qui attendent, de Sébastien Schnyder, du 8 février au 19 avril 2025
Vernissage le samedi 8 février de 16h à 20h

Il s’agit de la première exposition individuelle de Sébastien Schnyder.

visuel

« Pour l’exposition Des lieux qui attendent, Sébastien Schnyder poursuit son questionnement du fonctionnement humain à l’intérieur des architectures, ce qu’il nomme « la mécanique humaine ». Explorant spécifiquement l’attente dans ses dimensions temporelle et spatiale, il s’intéresse aux espaces intermédiaires ainsi qu’aux objets dont ils sont à l’origine. Fasciné par les formes qui nous entourent et que nous ne voyons plus, l’artiste les observe longuement avant d’en modifier subtilement la morphologie. Il en façonne de nouvelles faites de fragments, de légers décalages et de mise à distance ; sortes de variations depuis un thème que l’on distingue toujours mais qui tend à s’effacer sous ses gestes. Véritables objets de design, ses sculptures font naître un sentiment d’étrangeté de l’observation du quotidien.

Posée à même le sol, l’une des premières oeuvres que l’on découvre se dresse tout en verticalité. D’apparence simple, sa silhouette métallique oscille subtilement entre lignes droites et courbes. Que regardons-nous ? Sur l’une des faces, une fente horizontale offre un indice. Faudrait-il prendre un ticket ? Juste à côté, la sculpture Les temps calmes tout aussi énigmatique mêle des matériaux précisément sélectionnés par l’artiste : tôle de bardage, bois, polycarbonate et éclairage au néon. Si cet objet hybride attire irrémédiablement, il se donne à voir autant qu’il se dérobe. Complètement fermé et quasiment opaque, il ne peut remplir sa fonction d’accueil et nous laisse décidément à l’extérieur. Sur les vitres, du blanc de Meudon occulte la lumière ne laissant s’échapper que quelques rayons qui éclairent le sol d’un halo rectangulaire. Il faut alors s’approcher et guetter les interstices pour apercevoir l’intérieur de cette structure qui paraît vouée à attendre. Faut-il que nous attendions aussi ? Depuis ces premières sculptures jusqu’à une installation vidéo, l’impression s’accentue au fil du parcours de l’exposition.

Imaginez alors une salle d’attente, celle d’un cabinet médical ou d’un bâtiment administratif. Une salle des plus communes : murs blancs, plafond quadrillé de dalles et éclairage au néon dont le léger grésillement emplit le vide de l’espace. Dans cette salle – sous les traits de laquelle on reconnaîtrait presque celle qui accueille l’exposition – sont disposées quatre chaises en plastique d’un vert qui tire vers le gris, ou inversement. Installés sur ces chaises, deux inconnus, une femme et un homme, attendent. En parallèle, un troisième personnage tout aussi anonyme apparaît dans un paysage rural, assis sous un abri de fortune, mi-abribus, mi-cabane de chasseur. À intervalles réguliers et animé par une raison qui nous échappe, il quitte cette protection précaire, attrape une pelle et creuse un trou dans le champ. Pendant ce temps, dans la salle d’attente, nos deux protagonistes montrent de légers signes d’impatience ; iels parcourent des yeux l’espace qui les entoure, soupirent et tapent des pieds sur le sol. On pourrait leur prêter des répliques d’Estragon et Pozzo, les personnages principaux de la pièce En attendant Godot. « En attendant il ne se passe rien. » déclare Estragon à Pozzo, qui lui demande alors : « Vous vous ennuyez ? », ce à quoi le premier répond avec franchise : « Plutôt. » Omettant volontairement un avant ou un après, la vidéo La Théorie des vieilles bouteilles investit un espace intermédiaire dans lequel le temps se dilate et nous enveloppe, si bien que nous attendons finalement aussi. En attendant, dans le champ comme dans la salle d’attente, il ne se passe rien, ou presque rien. La femme retire son chapeau et le pose sur la chaise vide à côté d’elle, l’homme retire sa chaussure et l’observe avec attention. Deux gestes anodins mais décalés, qui ne sont pas sans rappeler ceux qu’effectuent Estragon et Pozzo dans les premières lignes de la pièce de Samuel Beckett. À travers ces deux gestes et d’autres détails, sortes d’indices que l’on prend plaisir à découvrir, Sébastien Schnyder flirte avec l’absurde. Le territoire de l’attente est-il le domaine de l’absurde ? Il constitue en tout cas pour l’artiste un espace interstitiel de liberté et de surprise. Alors que rien ne parait faire totalement sens, c’est dans l’ambiguïté et l’apparente inefficacité de l’attente prolongée que la signification est à trouver. »

Bérangère Amblard, Chargée des expositions et des éditions MAC Lyon

DOSSIER PRESSE – Sébastien Schnyder

LIVRET DE JEUX – Sébastien Schnyder (à imprimer)

APPEL À RÉSIDENCE 2025

visuel L'attrape-couleurs 2022

L’appel à candidature pour 2025 est ouvert jusqu’au 1er décembre 2024.

Dans le cadre de sa programmation artistique 2025 et après les nombreuses sollicitations de la part des artistes pour les résidences de l’année 2024, L’attrape-couleurs relance un appel à candidature.

Cet appel est ouvert à tous les artistes professionnel·le·s en solo, duo ou collectif, dont la pratique artistique s’inscrit dans le domaine de l’art contemporain. Tous les types de pratiques artistiques sont acceptés.

Un comité de programmation constitué des membres du conseil artistique de L’attrape-couleurs, se réunira pour examiner les dossiers à partir du lundi 2 décembre. Les réponses seront données à tous·tes les candidat·e·s dans le courant de la deuxième semaine de décembre 2024.

La résidence

Dans le contexte du foncier lyonnais rare et cher, la résidence de L’attrape-couleurs se veut être un véritable soutien à la création artistique en mettant à disposition et de façon gracieuse un espace de travail à destination d’un·e artiste en cours de professionnalisation ou en début de carrière.

L’attrape-couleurs prête un atelier dans les locaux du centre d’art, au dessus de la salle d’exposition. L’artiste selectionné·e bénéficiera d’un atelier de 15 m², d’une salle de cuisine et un local technique dont elle prend en charge le loyer, les fluides et les éventuelles petites réparations.

La résidence s’adresse à un·e artiste sérieux·se, qui a besoin d’un espace calme pour travailler et qui est désireux·se de montrer son travail en faisant une ouverture d’atelier lors des vernissages et finissages des expositions temporaires ou entre deux expositions de L’attrape-couleurs (les dates lui seront communiquées en début de résidence) et qui s’engage à assurer une journée de médiation (présentation de son travail suivi d’un atelier d’art plastique, matériaux pris en charge par L’attrape-couleurs).

Attention, l’hébergement au sein des locaux de L’attrape-couleurs n’est pas possible. Il est donc conseillé à l’artiste d’habiter près de Lyon ou bien de trouver un hébergement dans la région lyonnaise.

L’artiste selectionné·e s’engage à être présent régulièrement à L’attrape-couleurs durant la durée de sa résidence et à s’investir dans la vie de l’association. Il ou elle s’engage à respecter le règlement intérieur de L’attrape-couleurs et à signaler tout problème. Un état des lieux sera fait à l’entrée et à la sortie de la résidence.

Pour candidater

Pour candidater, les artistes doivent envoyer dossier artistique de 12 pages maximum, incluant :

  • un texte présentant la démarche avec des visuels des œuvres ;
  • un curriculum vitae avec les coordonnées personnelles ;
  • une note d’intention pour le travail qui sera développé au cours de la résidence et qui sera présenté lors des ouvertures d’ateliers au public.
  • Les dates souhaitées 1er, 2e, 3e ou 4e trimestre (la durée ne peut pas excéder 6 mois)

Le dossier artistique sera envoyé à L’attrape-couleurs avant le samedi 1er décembre 2024 à l’adresse suivante : contact@attrape-couleurs.com. Merci d’intituler le mail « candidature-résidence-2025 » avec le dossier artistique au format PDF en pièce-jointe nommé par votre «NOM-prénom».

Appel à résidence 2025_

OFFRE D’EMPLOI / L’attrape-couleurs recrute un administrateur / une administratrice en CDI. Date limite de dépôt des candidatures : vendredi 31 mai 2024

L’attrape-couleurs, espace d’art contemporain à Lyon, recrute un administrateur / une administratrice ayant une expérience dans l’art contemporain en CDI.

 

OFFRE D’EMPLOI – Contrat à durée indéterminée (CDI)

Administrateur / administratrice

Idéalement à partir du 7 juin 2024

 

Description de la structure

Créé en 2000, L’attrape-couleurs est un centre d’art contemporain installé depuis 2020 dans le quartier de la Duchère (Lyon 9e) après près de vingt ans passés dans celui de Saint-Rambert.

Présentant tous les médiums (peinture, photographie, installation, dessin…) à travers cinq expositions par an, d’artistes émergents ou confirmés, ce lieu d’art bénéficie du soutien de la Mairie du 9e arrondissement de Lyon, de la Ville de Lyon et de la Région Rhône-Alpes pour sa mission de diffusion de l’art contemporain. Plus d’informations : www.attrape-couleurs.com

 

Profil de poste

  • 26h hebdomadaires sur la base du SMIC horaire, tickets-restaurant
  • Lieu de travail : Tour panoramique de la Duchère, 18 avenue du Plateau – 69009 Lyon (à 10 minutes en bus de Gare de Vaise, parking à proximité). Télétravail en partie possible.
  • Les horaires de travail pendant les périodes d’expositions sont répartis de la façon suivante : du mercredi au vendredi 10h-13h / 14h-18h, samedi 13h-18h.

En dehors des périodes d’expositions, les horaires sont modulables selon les besoins.

  • Congés : annuels lors de L’attrape-couleurs, trois semaines en août, une semaine entre noël et le jour de l’an et une semaine dans l’année à placer entre deux expositions.

 

Placé.e sous la responsabilité du président de l’association, l’administrateur / l’administratrice assure les missions suivantes :

 

Missions administratives

  • Coordination générale pour le bon fonctionnement de la structure
  • Gestion du planning des activités au sein de la structure et hors les murs
  • Rédaction et suivi des dossiers de subvention en collaboration avec le Bureau de l’association
  • Comptabilité, en relation avec le trésorier
  • Réalisation et développement de la communication, dont mise à jour du site web et animation des réseaux sociaux

 

Missions de médiation

  • Réalisation et diffusion des supports de médiation et de communication
  • Accueil des publics, visites commentées des expositions
  • Animation d’ateliers d’arts plastiques à destination de publics scolaires

 

Missions techniques

  • Suivi de l’entretien du bâtiment, correspondance avec les services techniques municipaux
  • Aide logistique au montage et démontage des expositions

 

Description du profil recherché

  • Équivalent master (management culturel ou formation similaire)
  • Première expérience dans le domaine de l’art contemporain
  • Fort intérêt pour la culture et le secteur associatif
  • Sens relationnel, aisance à s’exprimer en public, dynamisme, sérieux et capacité à travailler en autonomie, esprit d’initiative
  • Maîtrise des outils informatiques habituels
  • Qualités rédactionnelles

 

Modalités de candidature

  • CV et lettre de motivation à adresser conjointement à : contact@attrape-couleurs.com et à Gilles Maignaud, président de l’association : gilles.maignaud@gmail.com
  • Date limite de dépôt des candidatures : vendredi 31 mai 2024
  • Entretien : lundi 3 et mardi 4 juin 2024 après-midi
  • Début de la mission : idéalement à partir du 7 juin 2024.

 

Association L’attrape-couleurs

Tour panoramique de la Duchère

Avenue du Plateau, 69009 Lyon

09 64 29 06 57 –  contact@attrape-couleurs.com

www.attrape-couleurs.com

In Between, the main falls, une exposition de Yorick Simon – 09.09-28.10

yorickIn Between, the main falls

une exposition de Yorick Simon

Exposition du 9 septembre au 28 octobre 2023

Vernissage le samedi 9 septembre de 16h à 20h

L’exposition personnelle de Yorick Simon se joue au rez-de-chaussée de la tour Panoramique de la Duchère à Lyon. Un ancien espace bureaucratique ayant gardé tous ses attributs d’aménagements. In Between, the main falls est une tentative de diversion autour d’un état de crise ou d’illusion, celui d’une petite structure qui aurait trouvé son point d’équilibre dans la chute. Un état stable mais paradoxalement symptomatique d’une discrète défaillance générale, où les objets ne semblent plus informer autre chose que l’ambivalence de leur propre expression.

Yorick Simon (1996, Lyon) vit et travaille actuellement à Paris. Il a obtenu le DNSEP avec les félicitation du jury à l’École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Lyon en 2022. Il est lauréat du Prix Linossier 2022. Son travail a donné lieu à une première exposition à Lyon, « Ouvert à tous les vents » en mai 2023 à Monopôle.

APPEL À CANDIDATURES – jusqu’au 4 juillet 2023

 

visuel L'attrape-couleurs 2022

Dans le cadre de sa programmation artistique 2024, L’attrape-couleurs lance un appel à dossiers d’artistes pour ses expositions ouvert à tous les artistes professionnels.

Tous les types de pratiques artistiques sont acceptés, sans condition de nationalité et sans restriction d’âge. Un comité de programmation constitué de membres volontaires du conseil d’administration de L’attrape-couleurs, se réunira pour examiner les dossiers au début de l’été. Les réponses seront données à tous les candidats au plus tard à la rentrée scolaire.
Le comité de programmation sera particulièrement attentif aux approches qui prennent en compte l’architecture du quartier de la Duchère ou qui s’inscrivent dans le territoire du 9ème arrondissement.

Les aides : 500 euros dédiés à la production et 200 euros d’honoraires. L’attrape-couleurs prendra en charges tous les autres frais liés à l’exposition  (assurance, carton, affiches, médiation, communication…)

Pour candidater, les artistes doivent envoyer un dossier artistique de 12 pages maximum, incluant :

– un texte présentant la démarche, des visuels des œuvres et des extraits vidéos ou la totalité de celles-ci par liens de téléchargements.

– un curriculum vitae précisant le lieu de vie et de travail avec les coordonnées personnelles.

– une note d’intention pour le projet d’exposition (exposition personnelle, duo, collectif ou commissariat)

Le dossier artistique sera envoyé à L’attrape-couleurs avant le mardi 4 juillet 2023 à minuit à l’adresse suivante : contact@attrape-couleurs.com
Merci d’intituler le mail « candidature-2024 » avec le dossier artistique au format PDF, maximum 5mo, en pièce-jointe nommé par votre «NOM-prénom».

Télécharger l’appel à candidature

 

Du vent SVP, une exposition de Lorette Pouillon. 15 avril-27 mai 2023

DU VENT SVP-visu

Du vent SVP, une exposition de Lorette Pouillon

Exposition du 15 avril au 27 mai 2023

Vernissage le samedi 15 avril de 16h à 20h

Finissage le samedi 27 mai de 14h à 18h, en présence de l’artiste

 Février 2023

C’est la troisième fois que je me rends à l’atelier de Lorette. Ce jour-là, l’espace est encombré par deux immenses pièces recouvertes de cellophane qui m’évoquent des lits simples pour géants. Une fois la porte passée, je dois contourner ou enjamber les deux monolithes plastifiés pour la rejoindre. Elle est debout, postée devant une grande table sur laquelle s’étalent dessins, objets, expérimentations et fragments de matériaux hétéroclites.

Please handle with care. C’est le titre du diptyque qui se cache sous le cellophane. Cette première couche transparente enveloppe une housse en coton blanc, abritant une masse de paille qui protège elle-même un grand panneau de bois. L’autre monolithe est identique, ou presque. Le format, la housse, la paille et l’essence de bois sont semblables, cependant les deux panneaux comportent des images qui diffèrent, réalisées grâce à une technique s’inspirant de la marqueterie. Ces images cadrées en portrait, mettent en scène une femme avec un chien pour la première, un empilement de chaises pour la seconde. L’humain, l’objet et l’animal sont ici mis sur un pied d’égalité.

Au sujet de ce diptyque, l’artiste me raconte avec amusement que le centre d’art où elle l’a présenté quelques semaines auparavant lui a retourné les deux monolithes empaquetés dans du cellophane. Elle est étonnée car les housses en coton (désormais enroulées de plastique) sont, non seulement une partie de l’installation, mais également des housses de transport qui ne nécessitent donc pas d’emballage supplémentaire. Pendant l’exposition, la housse, la paille et les panneaux sont montrés ensemble sous forme d’une grande installation. De retour à l’atelier, l’œuvre entame sa seconde vie, à l’intérieur de la housse. Dans le travail de Lorette les choses possèdent leur âme propre, elles ne sont pas sanctifiées, elles vivent. En sommeil, en éveil, sorties de leur enveloppe, entièrement, partiellement ou complètement rangées, les choses s’agitent et chuchotent.

Je reviens au moment présent, à l’atelier. Après avoir écouté cette histoire je regarde autour de moi, les chose semblent s’être dévoilées à travers les mots de Lorette. Je ne sais pas si elles expriment une forme de connivence ou de défiance. Au sol, sur la table, sur les étagères, elles me scrutent en silence. Mon regard effleure les pierres qui parlent, la tente qui ronfle, les compagnons à tenir dans les bras ou à tirer sur des roulettes, les choses pour la bouche, les choses à vendre, les choses vides, les choses ravies. Matières inertes chargées d’affect et de récits, Lorette rend audible le bruissement de leurs âmes. Elle nous propose de tendre l’oreille, de nous accroupir pour écouter la voix ténue de ce que l’on ne pense pas vivant.

Au milieu des choses construites et des choses en construction, Lorette me parle de ses recherches en cours sur les gravures pastorales. Elle me montre également l’extrait d’un documentaire au sujet d’une roche retirée de la Vallée des Merveilles au profit d’une jumelle factice afin de protéger l’originale des mains curieuses susceptibles de l’abîmer. Elle me parle de son désir d’inventer une manivelle qui permet de déclencher le vent. Je me souviens de la première visite que nous avons faite ensemble à L’attrape-couleurs courant 2022 et de sa curiosité pour le son du vent qui s’engouffrait furieusement ce jour-là dans les travées extérieures du rez-de chaussée de la Tour Panoramique.

C’était la première étape, ce vent assourdissant et incontrôlable. Je ne sais pas pourquoi son souffle est si violent à cet endroit précis et pourquoi il nous a secouées de cette manière, ce jour-là. En inventant un dispositif qui nous donne le pouvoir de le déclencher, Lorette le rend moins anxiogène, plus familier. Elle apprivoise le vent, comme elle apprivoise les choses. Pour Du vent, SVP, elle nous propose d’entrer dans une scène à la frontière du théâtre et des arts visuels. On se retrouve à l’intérieur d’un paysage déserté par l’espèce humaine, sur les traces d’une personne, homme ou femme, mythique ou réelle, fantôme ou pierre. Pour construire son exposition, Lorette s’inspire de l’histoire de l’ermite Jean-Marie Massou, qui vécut en autarcie pendant quarante-cinq ans dans la forêt de Marminiac. Le·la visiteu·r·se traverse un campement abandonné peuplé d’indices, foisonnant d’objets disséminés çà et là dans l’espace de L’attrape-couleurs. Certains sont en mouvement, comme la petite araignée-robot qui tourne perpétuellement, elle semble nous indiquer le mouvement circulaire de l’exposition, dans la déambulation qu’elle propose tout comme dans le récit qu’elle met en œuvre. D’autres objets sont inertes à l’instar du calendrier de chewing-gums, accumulés et rassemblés pour indiquer l’écoulement du temps. Une tente surplombe tous les objets, nous sommes invité.es à franchir son seuil pour observer les peintures rupestres qu’elle abrite.

Les objets présentés dans l’exposition m’évoquent les sculptures de l’artiste américain Michael E.Smith (1), composés d’objets abandonnés, chinés sur eBay ou issus de rebuts urbains. Les choses de Lorette sont sans conteste des témoins de notre époque, revêtant le statut d’objets mythologiques dans ce décor mystérieux. Sans être sacralisés, ces objets deviennent les artefacts qui jalonnent et alimentent la quête du·de la visiteu· r·se. Que nous apprennent-ils de nous-même et du personnage qui a déserté le camp ? A la manière de Baptiste Morizot dans son essai Manières d’être vivant (2), qui se laisse guider par les loups, nous suivons ici une piste. Je me demande où elle nous mène, pourtant je ne peux m’empêcher de penser qu’elle tourne en rond comme la trace de certains loups qui cherchent à brouiller leur passage. Dans ce paysage déserté, nous distinguons une voix, réincarnation ou une interprétation de Jean-Marie Massou, semblable à une voix intérieure nous écartant de la réalité tangible du monde pour la changer en fiction. Il s’agit d’une pièce sonore, écrite et interprétée par l’artiste Brice Liaud, inspirée par l’histoire de l’ermite et nourrie par ses échanges avec Lorette au sujet de celui-ci. Je me demande un instant si je suis sur la piste du Minotaure, prisonnier du labyrinthe de Dédale, laissant derrière lui carcasses et désertion, ou si je suis un Minotaure en devenir, laissant derrière moi la civilisation pour entrer dans une pensée sauvage, au plus près des choses.

Notes :

1 : Michael E. Smith est un artiste plasticien américain né en 1977. Il travaille à partir d’objets du quotidien trouvés dans la rue ou achetés sur eBay. Il donne une seconde vie à ces rebuts de la société de consommation en les transformant en sculptures minimales étranges et mystiques.

2 : MORIZOT, Baptiste, Manières d’être vivant : Enquêtes sur la vie à travers nous, Actes Sud, 2020, 336 p.

Alice Marie Martin

Lorette Pouillon tient à remercier Brice Liaud, Yovan Uckiah et à Pauline Liogier pour leur participation.

Projection du film « L’Héritage – Moly Sabata, l’art de transmettre »

Rendez-vous le Mercredi 12 Octobre à 19h30 à L’attrape-couleurs pour la projection du film « L’Héritage – Moly Sabata, l’art de transmettre » en présence du réalisateur Jean-Louis Vey. La projection sera suivie d’un débat et d’un buffet.

Réservation conseillée par mail ou téléphone.
04 72 19 73 86
attrape.couleurs@wanadoo.fr

affiche-du-film

 » Depuis près d’un siècle, une superbe demeure située tout au bord du Rhône, à Sablons en Isère, entre Lyon et Valence accueille des artistes. C’est là, à Moly-Sabata, que le peintre Albert Gleizes, l’un des fondateurs de la peinture cubiste, créa en 1927, une résidence pour y accueillir des artistes dans une sorte d’utopie communautaire leur permettant d’exprimer leur art tout en partageant une vision du monde et des relations entre les hommes. Anne Dangar (1885-1951), céramiste d’origine australienne, César Geoffray (1901-1972), musicien, chef de chœur et compositeur, fondateur des chorales À Cœur Joie, furent notamment membres de cette résidence.

Aujourd’hui, ce magnifique lieu, entièrement restauré, accueille en permanence des résidences d’artistes dans le même esprit. Certains y reviennent régulièrement pour y puiser leur inspiration et leur force créatrice aux sources de l’âme de ce lieu.

Ce film est une invitation à découvrir les principaux artistes qui se sont succédés dans ce lieu et quelques uns de celles et ceux qui le font vivre aujourd’hui dont Pierre David, artiste et directeur artistique de Moly-Sabata depuis 2009 et plusieurs artistes en résidence ou invités, Suzanne Husky, artiste franco-américaine – Julie Digard – Maude Maris – Octave Rimbert-Rivière – Nisette Denice – Collectif d’artistes Le MaTrice – Mathias Tujague  »

Restitution résidence 3x3x3 – Du 23 au 29 Mai

Pendant l’été 2014 (de juillet à septembre), trois artistes originaires des scènes Clermontoises, Lyonnaises et Toulousaines, ont participé à une résidence itinérante entre 3 lieux : Artiste en Résidence à Clermont-Ferrand,L’attrape-couleurs à Lyon et Lieu-Commun à Toulouse. Pendant 3 fois 3 semaines, le principe reste le même, l’artiste originaire de la ville d’accueil sert de guide et de sésame aux autres artistes

Alex Chevalier (Clermont-Ferrand), Lisa Tararbit (Toulouse), Amandine Rué et Guillaume Perez (Lyon) sont les participants de cette première édition. 

Une restitution à lieu du 23 au 29 Mai à L’attrape-couleurs

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